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Interview de Florian Pourias par Daniel Monino // La peur dedans // La couveuse-TEL

February 17, 2016

Pour la première représentation du spectacle La peur dedans au festival Théâtre en liberté#5, Daniel Monino a posé quelques questions à Florian Pourias sur la création du spectacle et sur le dispositif "La couveuse".

 

Daniel Monino (directeur du festival Théâtre en liberté) : La Peur Dedans a bénéficié du dispositif couveuse de TEL. De quelle manière et dans quel sens (moyen technique, logistique…) cet accompagnement à pu t’aider à approfondir ton projet ?

 

Florian Pourias (metteur en scène de La peur dedans) : Non seulement la Couveuse m'a permis d'approfondir mon projet dans un certain confort, mais ce dispositif a sûrement permis au projet de voir le jour! Il y a une réelle difficulté pour les jeunes compagnies à créer des spectacles dans un circuit "officiel", alors souvent on créé par des méthodes alternatives. "La couveuse" c'est la liberté de l'alternative avec une assise confortable. C'est à dire qu'on créé un spectacle sans restriction de quiconque quant à ce que l'on souhaite raconter, avec un véritable accompagnement logistique et technique. On se concentre alors sur l'artistique et sur rien d'autre. Et c'est aussi un rapport privilégié avec l'équipe du festival, et notamment avec toi, Daniel, qui a vu le travail évoluer et a pu porter un regard à la fois détaché et intéressant dessus.
Si on devait retenir une chose de cette accompagnement, c'est que la création du spectacle "La peur dedans" est à 50% due au dispositif "La couveuse". Ce qui est énorme!

 

D. M. : Ta mise en scène est résolument tournée vers le numérique, pourquoi mettre en évidence le lien entre le peur et les médias ?

 

F. P. : En effet le spectacle comporte beaucoup de son et de vidéo. Je crois tout simplement que cela vient d'une influence. Je suis né et j'ai grandis dans un monde de bruits et d'images. Difficile de faire du théâtre sans. Et puis, bien entendu, c'est aussi le sujet qui a amené l'omniprésence du média. C'est un outil de transmission de la peur à l'efficacité bien connue. Mais ce qu'il faut noter aussi c'est que l'écran a un double pouvoir. Il permet une immersion dans l'image et ce qu'elle raconte. L'image oriente alors notre pensée. Mais si on se met à regarder le cadre de l'écran, à prendre un peu de distance, alors on prend conscience que l'image n'est qu'une image, qu'un point de vue que l'on nous expose. Pour regarder intelligemment un écran il faudrait alterner entre l'image et le cadre. C'est un peu ce que j'ai essayé de faire dans le spectacle.

 

D. M. : Pourquoi selon toi ce lien est-il légitime à l’établir aujourd’hui ?

 

F. P. : Le lien entre peur et media est légitime à faire depuis toujours. Dans "Le mouchard" c'est le journal et la radio, aujourd'hui c'est la télévision et internet. C'est ça qui est intéressant : la méthode n'a pas bougé. La technologie s'est simplement développée et son pouvoir de transmission s'est développé. On a peut être besoin de plus d'armes aujourd'hui pour prendre de la distance avec ce que l'on nous montre, ou alors tout simplement de se le rappeler de temps en temps.

 

Jules Puibaraud et Enora Marcelli dans La peur dedans (petite forme) à Théâtre en liberté #4 en août 2014 (photo : Adrien Regard)

 

Le spectacle La peur dedans a bénéficié du dispositif "La couveuse", dispositif d'accompagnement à la création, mis en place par le festival Théâtre en liberté.

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